Les pays européens face à la hausse de l’inflation

Subventions aux plus vulnérables, baisses d’impôts, prix maîtrisés… pour lutter contre l’inflation Les pays européens ont pris diverses mesures. Quels sont les plus efficaces et lesquels sont les moins efficaces ?

Réduire les taxes sur le carburant, distribuer des subventions aux plus précaires, réguler les prix…. comment lutter contre l’inflation ? Aucun gouvernement de l’Union européenne ne peut plus ignorer le problème, d’autant plus que les prix ont augmenté de 7,8 % en glissement annuel en mars. Certains pays sont plus touchés que d’autres. Les Pays-Bas font face à une inflation de près de 12 %, l’Espagne et la Slovaquie d’environ 10 %, tandis que l’Italie et la Grèce sont proches de la moyenne de la zone euro (7,5 %) et que la France et la Finlande sont légèrement inférieures (5,1 % et 5,6 % respectivement). .

En France, le gouvernement a mis en place plusieurs mesures depuis novembre pour préserver le pouvoir d’achat des ménages. Le prix du gaz et de l’électricité a été bloqué par le bouclier tarifaire, une indemnité d’inflation de 100 € a été versée à tous ceux ayant un revenu inférieur à 2 000 € net par mois et un chèque énergie de 100 € a été distribué aux Français disposant d’un revenu plus modeste. le revenu. Une remise de 15 centimes d’euro par litre est également entrée en vigueur le 1er avril. D’autres pays ont-ils eux-mêmes utilisé les mêmes mesures ?

Les trois mesures mises en place

« Les mesures ne sont jamais identiques d’un pays à l’autre, les gouvernements étant confrontés à un contexte national. Mais on peut identifier trois grands types de politiques qui ont été lancées en Europe depuis l’automne 2021 et plus assidûment depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine : aides aux plus vulnérables, allégements fiscaux temporaires ou rabais sur le prix du carburant et, dans une moindre mesure, la régulation des prix », décrit Nadia Gharbi, économiste chez Pictet Wealth Management.

Selon l’Institut Bruegel, qui a examiné toutes les réponses nationales à l’inflation, tous les pays européens, à l’exception de la Bulgarie et de la Hongrie, ont mis en place des mesures pour aider les plus vulnérables. Bien sûr, le type et l’ampleur de ces transferts sont différents. En Belgique, certaines personnes avaient droit à un chèque énergie de 80 € (ménages avec un revenu annuel jusqu’à 19 800 €, plus 3 600 € pour chaque personne supplémentaire dans le ménage), en République tchèque deux minima sociaux ont été augmentés de 10 pour cent, la Grèce versait un chèque de 200 euros aux retraités avec une pension minimum et, pour ne donner que quelques exemples, un paiement de 15 à 20 euros par mois a été introduit en Lituanie pour 150 000 familles les plus vulnérables jusqu’à fin 2022.

Les instruments de politique économique sont parfois intégrés les uns aux autres. Au Portugal, par exemple, les ménages modestes ont été exonérés de deux taxes pour réduire leurs factures d’électricité. Chypre avait adopté la même stratégie en novembre, réduisant pendant six mois le taux de TVA de 19% à 5% sur les factures d’électricité des plus nécessiteux.

Or, la plupart des baisses d’impôts décidées par les capitales européennes – sur l’électricité, le carburant ou les deux – n’ont pas seulement ciblé une certaine frange de la population, mais ont bénéficié à l’ensemble du pays, quel que soit le niveau de revenu. « L’avantage d’une baisse d’impôt, c’est qu’elle est immédiatement visible pour les consommateurs. Cependant, il est cher et ne s’adresse pas exclusivement aux familles les plus modestes », explique Nadia Gharbi. « Les transferts d’argent, contrairement aux dégrèvements fiscaux, ne réduisent pas le prix des biens, mais ont l’avantage de se tourner vers les familles les plus précaires. »

La troisième mesure mise en place est la régulation des prix. La France l’a fait avec le bouclier tarifaire. L’Estonie et la Roumanie, entre autres, ont également choisi cette option, en décidant de geler les prix de l’électricité et du gaz respectivement en janvier et en mars. L’Espagne et le Portugal ont franchi une nouvelle étape pour sortir le prix de l’électricité des mécanismes de marché qui le faisaient augmenter.

En raison de leurs faibles interconnexions électriques avec le reste du continent européen, Madrid et Lisbonne ont obtenu fin avril l’autorisation des institutions européennes de sortir du mécanisme européen de tarification. Dans le cadre de ce mécanisme, le prix de l’électricité sur le continent est calculé sur la base du coût de production du dernier mégawatt par heure injecté dans le réseau pour répondre à la demande. Dans ce cas, c’est le prix du gaz qui est souvent utilisé pour soutenir d’autres sources d’électricité (nucléaire, renouvelable) lors des pics de consommation.

« Le prix du gaz, qui a quintuplé depuis l’été dernier [in tutta la penisola iberica ndr], a entraîné une hausse généralisée du prix des factures d’électricité en Espagne », souligne Ticiano Brunello, chef économiste de l’Espagne et du Portugal au Crédit Agricole. Le prix d’un mégawatt par heure de gaz sur les réseaux espagnol et portugais a été fixé à 40 euros pour les premières semaines d’application du plan et devra être progressivement augmenté jusqu’à 50 euros. « Le résultat de ce mécanisme (…) se traduit par un prix moyen journalier d’un mégawatt par heure d’électricité d’environ 130 euros ou 140 euros », explique l’économiste, un prix nettement inférieur aux 283 euros du marché ibérique.

 

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